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CELUI QUI A DONNÉ SON NOM À LA FONDATION DE LA VILLE
La fondation de Ferryville a été décidée lorsqu'en 1897, sous le protectorat français, le gouvernement français décida de construire un arsenal maritime au sud du lac de Bizerte au pied de la colline de Sidi Yahia, où se trouvaient les ruines d'un fort espagnol, quelques ruines romaines dont une basilique chrétienne, des mosaîques romaines trouvées dans cet arsenal sont exposées au musée du Bardo. Un spéculateur, Joseph Décoret, qui a dû sûrement avoir des informations privilégiées de personnes du ministère de la défense à Paris sur le projet de construire un arsenal maritime, acheta les terrains d'un domaine agricole sur lesquels seront bâtis la ville de Ferryville et son arsenal. Décoret traça le plan de la ville et présida aux premières constructions, il décéda peu de temps après. En 1900, 3 ans après sa fondation Ferryville compte déjà 5000 habitants, dont 1800 tunisiens, 1000 français et 2200 étrangers dont des maltais, des espagnols mais surtout des italiens majoritairement de Sicile. Ferryville grandira à mesure que son arsenal prendra de l'importance, jusqu'à devenir le plus grand d'Afrique avec ses 5 bassins de radoub. En 1957, avant que commence le départ de ses civils européens, Ferryville comptait approx. 30 000 habitants dont env. 10 000 d'origine européenne, Bizerte avait pendant cette même période 40 000 habitants. En 1957 Ferryville devient Menzel Bourguiba en l'honneur du président de la jeune République tunisienne. Aujourd'hui Menzel Bourguiba, compte près de 55 000 habitants. Guengla et Tindja sont devenues une municipalité distincte sous un seul nom, celui de TINDJA ou TINJA.
La ville de Ferryville a été bâtie avec plusieurs places en étoile, comme celle de l'arc de triomphe à Paris, c'est probablement pour cette raison que les tunisiens la surnommèrent "le petit Paris", c'est le seul point commun que Ferryville peut avoir avec cette ville,, elle ressemble plus à une ville provinciale de la côte méditerranéenne française, avec ses villas au toit de tuiles rouges, ses quartiers résidentiels, ses rues, avenues et boulevards bordés d'arbres, ses rues commerçantes avec son avenue centrale : l'avenue de France avec ses cafés terrasse, ses boutiques, son kiosque à musique. Ferryville avait sa Mosquée et son Église pour la pratique des 2 principales religions de la ville, un stade municipale (le stade Monseron ou Morelli), une salle des fêtes, plusieurs hôtels (dont les hôtels l'Amirauté et de Londres sur l'avenue de France), 4 salles de cinéma (l'Olympia, le Métropole, le Rex et le Ferryciné), une école maternelle laïque, 2 écoles primaires laïques (une pour fille l'autre pour garçons), ces 3 écoles étaient situées sur la rue Jules Verne, l'école franco-arabe laïque Bachocci, un collège et 2 écoles religieuses catholiques : l'école primaire Saint Joseph pour les garçons et l'école des sœurs Sainte Agnès primaire et secondaire (classique et technique) pour les filles, l'école commerciale de Mme Chazotte et l'école des apprentis de la DCAN de l'arsenal.. La gare de chemin de fer était en réalité située à Tindja, sur l'axe Tunis - Bizerte, Ferryville avait une gare de chemin de fer qui la reliée à 3 km à celle de Tindja. L'été pour combattre les canicules, les habitants avaient plusieurs plages pour se rafraichir, la plage Rondeau, la plage des temporaires et la plage de Guengla. On y retrouvait plusieurs terrains de pétanque, en 1998 l'équipe de pétanque de Menzel Bourguiba a remporté le championnat du monde de pétanque, devant les marseillais, il faut dire que les joueurs de pétanque d'aujourd'hui ont eu à l'origine de bons professeurs. Selon l'origine ethnique les commerces se répartissaient approximativement ainsi, les commerces de la poterie, la vannerie, les fruits et légumes, la pâtisserie (tunisienne), la poissonnerie, la quincaillerie (la quincaillerie Robana) étaient tenus par des tunisiens, les épiceries étaient tenues principalement par des tunisiens venant de Djerba, les tunisiens de religion juive étaient surtout dans le commerce des tissus et des vêtements prêt à porter, les italiens et les français se retrouvaient et se partageaient les cafés, bars et restaurants, les commerces des vêtements sur mesure, la chaussure, la boulangerie, la pâtisserie et les magasins de cycles, les salons de coiffure étaient tenus surtout par des italiens, les librairies- papeteries, les garages, les stations service et les pharmacies par des français, les médecins étaient français ou tunisiens. Dans la petite industrie et l'artisanat, ceux d'origine italienne dominaient, comme dans le secteur de la construction des bâtiments, des ponts et des routes, la menuiserie et l'ébénisterie, les français se retrouvant surtout dans l'imprimerie. Mais les français préférant en général la stabilité et la sécurité d'emploi que leur procurait l'arsenal, et qui employait au début des années 50 près de 4 000 employés. Une scène typiquement ferryvilloise était l'entrée et la sortie par les 3 portes de l'arsenal (de Bizerte, de Tunis et la petite porte de Ferryville) de milliers d'employés pratiquement tous en bicyclette. Aujourd'hui l'arsenal a été démilitarisé, c'est une zone franche civile où de nombreuses industries sont installées, les bassins sont toujours de service et très actifs pour des grands et petits carénages, sous la direction d'une société de Marseille. La ville après une dure période, recommence à vivre. |